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AGORA 2017 – HABITER LES PILOTIS CAS N°1 BRAZZA

Programme: Concours Agora 2017 / Commande: Ville de Bordeaux / Superficie: 12900 m2 SDP / Phase: appel à idée / Situation: Bordeaux (Gironde)  / Équipe: Esnard&Sanz architectes, Benjamin Coustes architecte

Vivre au-dessus, s’affranchir, s’élever, s’extraire de la pesanteur, se libérer du sol sauvage, mutant, hostile. De la cabane dans les arbres aux cités lacustres, l’architecture vernaculaire regorge d’exemples et d’imaginaires. Aujourd’hui, dans un contexte urbain, cet imaginaire reste à créer et nous amène à questionner notre rapport au sol et à la terre pour faire émerger des modes de vie alternatifs.
Notre maison est le ciel.
Une double trame capable s’élève hors sol, elle constitue le tissu d’habitation, appropriable, mutable, à l’abri des aléas naturels. La mesure de cette structure, sa finesse et sa hauteur raisonnée, permet d’ensoleiller la terre de manière optimale, de gérer la densité et de minimiser les sous-faces sombres et écrasantes.
Maintenant un dessin global, cette trame répond à une architecture rationnelle et fonctionnelle, non bavarde, poussant l’architecte à aborder la question de l’habitat à l’échelle de la ville. Traversant, tramé, orienté, chaque logement se recentre autour d’un grand espace multifonctionnel, à la fois intérieur et extérieur, qui organise et distribue, ou chaque pièce est à sa juste mesure.
Notre seuil est l’horizon.
Liens essentiels entre la terre et le logis, de grandes colonnes verticales tranchent l’horizon et rencontrent le sol. Elles permettent l’ascension vers les habitations, poussent l’individu vers le ciel et l’élève vers un horizon commun. Inhérents à ces colonnes, les paliers ainsi distribués recréent le lien social sur chaque niveau d’habitation. Le pilotis est ainsi épaissit, synthétisant les fonctions sociales et répondant aux contraintes techniques du logement (gestion des flux et des fluides, structure).  Hall d’entrée, seuil, perron, il recrée l’échelle indispensable du voisinage, aux confluents de deux univers.
Notre monde est le sol.
Ainsi restitué, le sol redevient une surface naturelle continue, le socle commun de la société, espace public support d’une urbanité débridée. Il mute, se révèle au fil des saisons, se fait parcours, champs, places de stationnement, agora, grands équipements, commerces de proximité… Le sol naturel s’immisce dans la ville, se glisse sous le logement, répondant à cette aspiration forte et légitime d’une proximité entre l’Homme et la Terre.
Réconciliant Athéna et Gaia, les divinités Grecques de la cité et de la nature, le sol reprend ainsi sa vocation primitive : terreau de la vie sociale et berceau de la biodiversité.
Naissent ainsi des monuments, réel, ou l’usage et le symbole peuvent discourir…Nous pouvons alors habiter les pilotis.
Notre rapport à la terre est oublié,
Le monde profane de la cité nous l’a repris.
Aux vents et marées elle nous rappelle à nos souvenirs
A notre nature qui en chacun doit être entendue.
Repenser les parcours, la civilité, le logis,
Prendre conscience du soi et de nos aspects cachés
S’élever pour renouer avec ce qu’il y a de plus profond,
La raison de notre existence au rythme des saisons